Idem, Question de genre
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le territoire au regard du genre

• L’association s’est créée suite à l’hypothèse selon lequel il y’aurait une spécificité du territoire des Pyrénées_Orientales aux discriminations de genre de par l’histoire des lieux et des usages de la frontière. • Le département des P-O est situé entre deux plateformes européennes : celle de l’échangisme et celle de la prostitution. Les effets de traduire, inciter et pérenniser des modalités relationnelles entre sexes duelles inscrites dans une socialisation genrée particulièrement fidèle aux stéréotypes sexués. Les représentations d’une sexualité traditionnellement associé à l’échange affectif côtoie ainsi celles d’une sexualité de loisir et consumériste où les corps es femmes sont perçues comme « valeur marchande » d’une part et d’autre part où les hommes sont des consommateurs entretenant le proxénétisme. La dimension historique et spatiale où se situent ces établissements de services sexuels amène à considérer l’usage de la frontière.Historiquement lieu de refuge, d’exil, de ressource, la frontiere se traverse comme « frontière de la transgression » :
- en tant que stratégies d’évitement au contrôle social d’un territoire à fort contrôle social.
- les initiatives commerciales ont donné lieu à un marché du sexe d’ampleur, construit sur la base d’un « besoin » sexuel des hommes envers le corps marchandisé de femmes. Ce marché de la prostitution se met en oeuvre de par une législation souple et controversée puisque basée sur les règles d’hotellerie. Les prostituees louent l’espace, les services d’entretien des lieux, le matériel d’hygiène :serviette, preservatif, savon
- La dimension historique de cette « offre » sexuelle rémunérée traduit le recours à la prostitution comme véritable tradition ritualisée, associée à la masculinité sur le territoire (Catalogne Nord/Sud). Ces pratiques participent à des modalités relationnelles entre sexes déformées mais qui s’inscrivent dans une tradition de représentations et de pratiques des sexes entre eux. • de représentations et de pratiques des incidences notoires sur la socialisation genrée des publics du département • repérables dans les traits culturels du territoire, son invisibilité des références femmes, sa survisibilité des valeurs associées à la masculinité. Ce repérage de signes de sexisme ordinaire banalisé se retrouve : • dans la rareté des références publiques des « grandes femmes »1. Concernant la toponymie des P-O, il a été constaté que sur les 234 communes et lieux dits que composent les P-O, 5 font référence à des noms de femmes. Le pourcentage de références de femmes est de 2,1% et 13% pour les références d’hommes. Les choix d’aménagements du territoire nomment les rues entre 2,3% (Perpignan ) et 9% (Cabestany) de femmes. Aucune statue dans l’espace public de femmes notoires, seulement des corps de femmes. (données 2010)
- dans les traditions festives relatives aux contes populaires : la fête de l’Ours. Dans les rites et coutumes traditionnelles, les femmes dansent davantage la sardane que composent les prestigieuses mélodies et cobles locales (ce n’est que récemment qu’une femme joue du flaviol, instrument spécifique de tradition catalane) 
 Parmi les résurgences de traditions carnavalesques millénaires, la fête de l’Ours met en scène la ritualisation de la virilité. Noir de suie, d’huile et de sueur, muni d’un bâton symbolisant le rut incontrôlable puisque « naturel », l’Ours ou les 3 ou 4 ours (selon la version Arles /Tech, prats de Mollo) lâchés dans la ville sont traqués par ceux qui préservent le bien public du village que représente l’esthétique et la virginité de leurs filles qui sont marquée (de suie) par les contacts évités de l’homme animalisé. Le jeu de la séduction est illustré. Dans la légende, la jeune fille vierge enlevée par l’Ours a su éviter le viol de l’animal par la puissance de la prière. Homme/ nature, femme/culture la scission originelle entre les sexes est confirmée. • dans les usages repérés lors d’observations et d’ entretiens auprès d’hommes ayant cités le recours à la prostitution comme rituels de dépucelage, de pratiques de reconnaissance et de sociabilité entre hommes. Présentée comme solution aux difficultés conjugales, à l’abstinence, au célibat, à l’ennui ou encore remède au manque de confiance et à la dépression, ce loisir récréatif et « sans conséquence 2 » reste scellé par le sceau du secret complice entre consommateurs. Ces hommes font par là même la preuve de leur intégration aux valeurs genrées locales. Ces rituels sont favorisées par une transmission masculine intrafamiliale (72% des 67 hommes interrogés disent que la proposition de recours à la prostitution est venue des hommes de leur famille), leur participation à des activités sportives prônant les valeurs de virilité (rugby, les victoires s’y fêtent collectivement), et ou concentrées entre hommes (pompiers, sécurité, professions mobiles tels que commerciaux) …. Ies typologies de publics est si élargi qu’il est permis de penser l’effet de porosité et la banalisation ludique de la consommation aux services sexuels tarifés outre frontière. Au fil des entretiens certains hommes énoncent leur difficulté, par moment, à refuser les sorties aux bordels entre hommes « alors qu’ils sont bien dans leurs couples », leur effort à s’y contraindre sous menace d’exclusion du groupe d’appartenance, d’autres énoncent leur dépendance voir leur addiction à aborder les femmes dans une relation de clientélisme et la perte de pratiques de rencontres « non programmées » avec des femmes. Bon nombre sont clients du Cap d’Agde et de la Junqueres- Figueres recourant ainsi aux loisirs sexuels traduisant les corps des femmes comme valeurs marchandes et ainsi ayant une représentation des hommes comme consommateurs.
- A travers les époques, les références à ces lieux se retrouvent aisément dans les expressions et discours de « La Bisbal c’est de la balle ! » dans les années 80, à la citation du « Madam’s », « Moonight », du « Dallas » il y’a 10 ans, le « Paradise » est aujourd’hui cité dans tous les bars nocturnes composés d’hommes. Il est également l’objet de publicité de boutiques de lingerie érotique portant le même nom, de cocktails, de thème de carnavals comme l’a dénoncé Ségolène Neuville en 2010 ( ) • • L’un des révélateurs et promoteur de cette dynamique sera la création de la société X Défi, en 1978,. Etant l’une des 3 premières sociétés dans ce domaine en France, elle reste notoire pour ses scandales médiatiques, sanctions judiciaires et le turn over de son personnel. Cette activité en expansion constante durant 21 ans ( la fermeture des locaux et le licenciement des plus de 40 salariés.es de Défi France aura lieu fin 1999. Ne cessant de changer de noms de société (Media’x en 2000, Altus Media en 2003) suite aux cessations et liquidations les activités éditoriales, de services audiotels et peut être Internet existent toujours ) a profité d’une demande massive émanant de Catalogne Sud et d’Espagne dans l’après franquisme. La frontière se franchit comme frontière de transgression : pour les pornophiles catalans et espagnols en France dés les années 78, la mémoire collective perpignanaise est empreinte de ces files d’attente interminables sur les trottoirs et routes afférentes au cinéma X, et bientôt au premier sex-shop du département (et peut être de la région) situé... L’autoroute construite en 1976 par les ASF, facilitent le passage catalogne Nord/Sud Mais aussi pour les sexualités perçues comme déviantes dans une commune à fort contrôle social : multipartenariat et partouzes en réseau privé dans les résidences secondaires, chez les autochtones, les plages publics de sexe connues du réseau, les événements tels que les salons du sexe (avec animation telles que zoophilie avec des femmes3, pénétration publiques sans protection VIH/IST)4 les établissements pour homosexuels,.les avec « backrooms » auxquels s’ajoutent l’usage de drogue, d’alcools qui font partie des pratiques d’exacerbation des comportements et émotions associées et recherchées. La promotion des lieux sélectionnés selon les pratiques et publics est opérée par les guides dessinant les contours des réseaux de sexe et ses évolutions. Le pornocrate, Gérard Menoud assure la reproduction des pornophiles et ses pairs par la propagande du système de domination des hommes sur le corps des femmes asservies. Prônant la torture, l’incitation au viol (« Quand c’est non c’est oui ! » in Club Jody, 1993) le personnage était cité comme un héros : invincible, incrédule, scandaleux, provocateur et inventif, il ose le pire, ressort vainqueur des ses multiples procés en justice5, est toujours entouré des plus belles filles, a succès, richesse, dernières avancées technologiques (1ére maison du département à être intégralement équipée des dernières techno en électricité, dernière voiture) • A ces signes pourraient se rajouter l’antiféminisme repérable aussi bien dans les institutions telles que l’université • En catalogne du Sud les signes sont encore plus visibles : exposition de films porno dans les petite cabine de paiement de carburant nocturnes, presse-savons avec dessins de femmes en jupe dans les WC des supermarchés, bruits de débats sexuels dans les douches situées dans les mêmes supermarchés, que ce soit parmi les produits de consommations, les images publicitaires à dimension démesurées (à l’entrée de clubs, dans les zones commerciales avec publicités de corps de femmes dénudées pour « Angel » de Jean-Paul Gaultier, des messages publicitaires sur les devantures de bijouterie (cf Casa Pous au Perthus), le paysage urbain illustre le passage de la suggestion à la mise en exposition pour consommation immédiate. Ainsi les modalités de présence des filles le long des routes expriment une hiérarchie propres au milieu. En pleines chaleur estivales les débutantes sont très jeunes, souvent à deux, debout. Le stade intermédiaire désigne une femme seule, un peu plus âgée et maquillée, debout sous un parasol et la plus gradée sera fardée, assise sur une chaise, à l’ombre d’un parasol, la quarantaine. Dans les zones de transit des camions, les filles observées paraissent moins apprêtées et représentatives de leur activité. • Les pratiques de drague collectives des femmes par les hommes, les regards libidineux, l’interprétation des tenues, appréciations esthétiques basées sur le physique sont ordinaires , mais surprennent toujours les nouvelles résidentes (selon nos entretiens ce serait l’un des premiers étonnements en venant d’ailleurs......lire la suite


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